Témoignage
Je ne vais pas vous parler de ma petite personne: je suis un petit joueur. Au casino (les rares fois où j'y suis allé), je ne joue que les espèces que j'ai sur moi, je m'interdis tout chèque ou retrait au distributeur. J'ai gagné en tout 600 € dans mon existence. Pas de quoi pavoiser, mais je n'ai perdu que le superficiel... En revanche, j'ai partagé ma vie avec une joueuse. Une vraie, une furieuse. Déjà son père, qui était un homme d'affaires prospère, est mort ruiné . Le coupable: le jeu sous toutes ses formes. Courses, casino, tout y passait. Hospitalisé, alors que les médecins lui avaient courageusement indiqué qu'il n'avait au plus qu'une semaine à vivre, il avait magouillé avec les garçons de salle de l'hôpital pour qu'ils jouent pour lui aux courses, et ce à quelques heures de sa mort. Sa fille avait un métier super, et gagnait très très bien sa vie. Elle réglait ses loisirs sur le casino. Elle jouait des sommes considérables. Lorsqu'elle jouait des sommes énormes à Euromillions, je lui disais: - "Tu sais où se trouve la cathédrale Notre Dame de Paris,"? - "Heu oui" - Tu sais où se trouve la cathédrale de Reims? - "???" - Hé bien, tu fais la route entre ces deux édifices, soit environ 127 kilomètres. Tu traces le long de cette route une ligne continue que tu découpes en petites portions d'un millimètre. -"????????" -" Et tu choisis un petit morceau d'un millimètre ou plusieurs. Cela représente les chances que tu as de remporter le maxi-jackpot ! Mais la raison n'avait aucune prise sur elle. Elle se mentait, minimisait ses pertes, trouvait mille et une ruses pour se ruer sur le premier casino rencontré. Un cas de toxicomanie comme un autre. Maintenant, ruinée, malade et seule, elle vit de l'aide sociale. Le jeu peut être un plaisir, comme la boisson ou le tabac. Mais gare à ne pas dépasser la dose prescrite. Et ça va vite.